NaoFood est une société coopérative et participative (Scop) de cyclologistique qui conjugue mobilité douce, gouvernance démocratique et lutte contre la précarisation du métier de coursier·ère sur la métropole nantaise (44).
Depuis sa fusion avec Les Coursiers Nantais en 2024, la coopérative rassemble désormais trois activités complémentaires sous une même bannière : la livraison de repas pour les particuliers en partenariat avec des restaurateurs locaux, la livraison de plis et colis pour les professionnels, ainsi qu’un atelier de réparation et de vente de vélos d’occasion.
Mais NaoFood, c’est surtout un projet collectif qui se dessine.
Une alternative concrète à l’ubérisation
Pour les associé·es de NaoFood, le passage en Scop n’a rien d’anodin. Il représente l’aboutissement d’un engagement fort : construire un modèle plus juste pour les coursier·ères.
« Nous avons voulu créer un modèle alternatif où les coursier·ères sont aussi ceux et celles qui décident »
explique Antoine Hosin, Directeur général de la Scop.
En choisissant le statut coopératif, l’équipe entend reprendre la main sur son outil de travail, tout en garantissant une gouvernance démocratique et une meilleure protection sociale. Ici, chaque associé·e dispose d’une voix en assemblée générale, selon le principe coopératif bien connu : une personne = une voix.
Un fonctionnement qui permet de concilier qualité de service, ancrage local et conditions de travail plus durables.
Une gouvernance pensée pour l’équilibre
NaoFood a choisi la forme de Scop SA à capital variable afin de structurer une gouvernance équilibrée entre pilotage opérationnel et décisions stratégiques.
La coopérative distingue ainsi les rôles entre un Directeur Général chargé de l’opérationnel et un Conseil d’Administration présidé par un·e président·e. Les grandes orientations sont discutées collectivement en assemblée générale, notamment l’entrée de nouveaux membres au conseil d’administration.
Aujourd’hui, la coopérative compte 21 associé·es coopérateur·trices, réunissant salarié·es en CDI et coursier·ères auto-entrepreneurs rattachés au siège secondaire.
Construire des emplois durables grâce à la polyvalence
À horizon 5 à 10 ans, NaoFood voit plus loin que la seule livraison à vélo. La coopérative souhaite démontrer qu’un modèle local, social et coopératif peut devenir une véritable référence pour le secteur.
L’objectif : consolider les trois pôles d’activité pour créer des « cercles vertueux » sur le territoire et développer davantage d’emplois stables, notamment des CDI à temps plein.
La polyvalence entre les différentes activités, livraison food, plis-colis et atelier vélo, constitue d’ailleurs un levier central de leur modèle économique et social.
Un accompagnement pour structurer le projet coopératif
Dans cette aventure, l’accompagnement de l’Union régionale des Scop et Scic de l’Ouest a permis à l’équipe de transformer ses ambitions en cadre structuré.
« L’UR SCOP a encadré notre travail et nous a permis de lier nos volontés et besoins à un cadre juridique que nous maîtrisions peu », souligne Antoine Hosin.
Un accompagnement qui se poursuit aujourd’hui autour des enjeux de structuration, d’organisation et de gouvernance.
Avec NaoFood, la livraison urbaine prend décidément un autre chemin : plus local, plus collectif et sans doute plus soutenable pour tout le monde.
