À Nantes, certains lieux ne se contentent pas d’accueillir du public. Ils créent des espaces de rencontre, de débat, d’expression et d’expérimentation collective. C’est précisément l’ambition portée par Les Impertinant·es, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) pas tout à fait comme les autres, qui mêle bar, culture, engagement féministe et gouvernance coopérative.
Installé au cœur de la vie nantaise, sur l’île de Nantes (44), le lieu revendique une identité forte : proposer un espace inclusif, vivant et ouvert, où les initiatives culturelles et militantes peuvent se croiser naturellement.
Un bar féministe et bien plus encore
Derrière le comptoir des Impertinant·es, il y a évidemment de quoi boire et partager un moment convivial. Mais réduire le projet à un simple bar serait passer à côté de ce qui en fait toute la richesse.
« Les Impertinant·es est une Scic. C’est un bar féministe situé à Nantes dont la programmation comporte conférences, débats, ateliers créatifs, concerts, projections, cercles de parole ou de lecture, une queerothèque (bibliothèque queer), des expos… », expliquent Mel Tanous et Soa Leparoux, membre du conseil coopératif pour la première et salariée pour la seconde, toutes deux interrogées dans le cadre de l'entrée de la coopérative dans le réseau des Scop & Scic de l’Ouest.
Chaque activité participe à faire vivre un lieu pensé comme un espace d’émancipation, de transmission et de lien social.
Une coopérative qui repose sur l’implication collective
Le fonctionnement des Impertinant·es reflète pleinement les valeurs qu’elle défend. Constituée en SCIC, la coopérative rassemble plusieurs collèges de sociétaires et organise sa gouvernance de manière partagée.
Sociétaires, conseil coopératif, cogérantes, bénévoles : chacun·e participe à faire vivre le lieu
résument Mel et Soa.
Dans les faits, les sociétaires définissent les grandes orientations lors des assemblées générales et élisent le conseil coopératif. Celui-ci assure ensuite la mise en œuvre des décisions et la gestion courante du projet, avec un mode de décision basé sur le consensus.
Les deux co-gérantes, Nymphéa Boureau et Pomme Ballejos, s'inscrivent dans cette gouvernance collective qui mobilise également un important réseau de bénévoles.
Autour de cette gouvernance, de nombreux bénévoles participent activement à la vie quotidienne du lieu : programmation culturelle, catering, travaux, accueil, animation des cercles ou encore soin de la vie coopérative.
« Deux salariées tiennent le bar, animent différents cercles ou y participent », précisent également Mel et Soa, illustrant un fonctionnement où implication professionnelle et engagement collectif avancent main dans la main.
Faire du lieu un espace politique et culturel accessible
À travers son modèle, Les Impertinant·es défendent une autre manière de faire vivre un lieu culturel : plus horizontale, plus participative et profondément ancrée dans les enjeux contemporains.
Le projet montre aussi comment le modèle coopératif peut devenir un outil concret pour porter des initiatives engagées, en conciliant activité économique, gouvernance démocratique et utilité sociale.
Dans un contexte où les lieux indépendants cherchent souvent à préserver leur équilibre sans renoncer à leurs valeurs, Les Impertinant·es apporte une réponse originale : construire collectivement un espace où l’on peut autant débattre, créer, apprendre que simplement se retrouver.
Et à Nantes, ce type d’endroit finit rarement par passer inaperçu.
