Les outils financiers

Des outils de financement spécifiques réservés aux Scop et Scic

Fondé sur les principes coopératifs de solidarité et de mutualisation des moyens, le réseau coopératif dispose d’une palette d’instruments financiers diversifiés au service de tous les projets d’entreprises coopératives, qu’elles soient nouvelles (création, reprise, transmission ou transformation), ou déjà existantes (développement, investissement, croissance externe, recapitalistion, etc.).

Ils sont accessibles via les délégués de l'Union régionale qui, en collaboration avec le dirigeant, définit les besoins réels de l’entreprise et construit un dossier financier destiné au Comité des engagements financiers régional.

Bilan 2017

13 CEFR (Comité d'Engagement Financier Régional) se sont réunis en 2017. Ils ont permis à 22 Scop de mobiliser les outils financiers du Mouvement, dans le financement de leurs projets de développement. Les outils du mouvement ont également été mobilisés au profit de nouvelles Scop, favorisant ainsi la création ou la reprise d’entreprise par les salariés en Scop.
Ces interventions des outils du mouvement se situent en parfaite cohérence avec les axes stratégiques validés pour l’Urscop Ouest.

 

1 267,5 K€ de financement ont été accordés en 2015.
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3 questions à ...

Thierry Perrin, directeur des outils financiers à la Confédération Générale des Scop

1)    Quels sont les outils financiers à disposition des coopératives adhérentes, et à quels projets sont-ils destinés ?

« Il y a 50 ans, la Confédération Générale des Scop a mis en place pour ses adhérents différents outils financiers, partant du constat que les coopératives avaient des besoins auxquels le secteur financier classique ne répondait pas. Depuis, ce dispositif original de collecte et de redistribution de fonds destiné aux adhérents s’est enrichi. Trois outils sont donc aujourd’hui à disposition des Scop et Scic :
-    Socoden, qui, sous la forme de prêts participatifs, permet de financer la trésorerie, à toutes les étapes de la vie de la coopérative, dans les moments difficiles qu’elle peut traverser comme dans son développement.
-    Sofiscop, qui garantit à hauteur de 25 % à 50 % des prêts ou crédits baux du Crédit Coopératif, avec pour enjeu de se substituer aux cautions personnelles des dirigeants et de faciliter l’accès au crédit. L’UR Ouest et la fédération des Scop du BTP de l’Ouest sont à l’origine de la création de Sofiscop.
-    Scopinvest, qui permet de renforcer les fonds propres de l’entreprise et faciliter le recours à l’emprunt bancaire, pour le financement de projets de long terme. Il prend la forme de titres participatifs qui viennent renforcer le haut de bilan.
À cela vient s’ajouter depuis début 2016 un outil de crowdfunding, www.jefinanceunprojetcooperatif.fr, qui permet un relais supplémentaire, principalement auprès des particuliers qui souhaitent financer des projets coopératifs. »

2)    Quelles sont les modalités pour y accéder ?

« L’intervention de ces outils financiers s’inscrit dans le prolongement direct de l’accompagnement que réalise l’Union régionale Ouest auprès des Scop et Scic. C’est donc par l’intermédiaire du délégué en charge de la coopérative que la demande peut se faire. Ils définissent ensemble les besoins réels de l’entreprise et construisent un dossier financier destiné au Comité des engagements régionaux.»

3)    Quel est l’intérêt pour les coopératives d’y recourir ?

« Dans une conjoncture économique difficile et dans le contexte du plan de développement ambitieux engagé lors de notre dernier Congrès en 2012, les outils financiers constituent plus que jamais un enjeu majeur, non seulement pour la réussite de notre projet, mais plus fondamentalement pour la pérennité et le développement des Scop et Scic adhérentes. Pour permettre à ces outils de continuer à exister, il est essentiel que nous atteignions un certain équilibre économique. Il est donc important qu’en contrepoint de dossiers plus difficiles, les coopératives nous adressent également de « bons » dossiers. Le prêt bonifié, que nous avons mis en place il y a quelques années, est parfaitement adapté, avec des taux d’intérêt très bas, proches de ceux des banques. Ce système de solidarité entre coopératives est le gage de l’équilibre financier global de nos outils. »
 

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3 questions à ...

Hervé Catros, PDG des Acieries de Ploërmel et Président du CEFR Ouest

1)    C’est quoi, le CEFR ? Quelles sont ses missions ?

Le Comité d’Engagement Financier Régional étudie les dossiers de demandes de financement qui lui sont transmises par les délégués régionaux. Il est chargé d’étudier la viabilité et la faisabilité des demandes, et ce, en toute impartialité, confidentialité et indépendance. Ses valeurs sont celles de la recherche du progrès économique des coopératives, de la mutualisation des moyens et le maintien d’une solidarité élargie entre Scop. Il est important de souligner que le Comité n’intervient pas dans la gestion de la Scop : il peut émettre des préconisations, que la Scop est libre de mettre en application.

2)    Comment ça marche, concrètement ?

Le Comité se réunit trois fois par mois : deux fois par téléphone, et une fois au sein d’une Scop ou d’une Scic. Les dossiers sont étudiés en amont des réunions, puis présentés le jour de la réunion en présentiel par Vanessa Chartier, responsable stratégie finances à l’Urscop. S’il y a des points à éclaircir, c’est le moment de poser toutes les questions que nous pouvons avoir. Une fois ces échanges terminés, nous votons. La majorité est requise pour que le dossier soit accepté et présenté aux instances nationales, qui auront en charge de débloquer les fonds.

3)    Qui sont les personnes qui le composent, et quel est leur rôle ?

Les membres du CEFR sont des coopératrices et coopérateurs représentatifs de la diversité des territoires et des métiers qui composent le mouvement coopératif dans l’Ouest. Actuellement, 10 membres le composent. Ils sont élus sur présentation de leur candidature au cours des Conseils d’Administration.
 

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3 questions à ...

Serge Boureau, PDG de Macoretz Scop et Président de l'Union régionale des Scop de l'Ouest

1)    En tant que président de l’Urscop, quelle est votre vision politique des outils financiers du Mouvement ?

La première chose qui me vient à l’esprit quand je considère l’ensemble de nos outils, c’est que c’est une sacrée richesse que nous avons là ! Nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir cette palette de solutions financières à disposition de nos adhérents, qui leur permette de boucler leurs tours de table auprès des financeurs autant dans la phase de création que dans celle de la consolidation et du développement. Le choix de nos adhérents de participer à ces outils financiers et de développement, à hauteur de 1 pour 1000 via les cotisations, est un vrai choix militant. Nous nous devons donc d’être le plus exemplaire possible.
 
2)    Au service de quoi sont-ils ?

Ces outils sont au service de la création, de la consolidation et du développement de toutes les coopératives adhérentes, sans exception, et traitées de manière égalitaires. Il y a bien sûr des critères, on ne dit pas oui à tous les financements, mais en revanche nous les étudions tous équitablement.

3)    Quelle est la ligne stratégique de l’Urscop Ouest au sujet de ces outils ?

Il s’agit de vrais outils performants qui permettent de réaliser des levées de fonds pour faire l’accompagnement et le développement de nos coopératives adhérentes. Mais ils sont encore trop peu utilisés, en particulier par nos coopératives en bonne santé financière. Ils ont pourtant beaucoup évolué ces dernières années, mais cela reste méconnu. Aussi, c’est pour moi un sujet essentiel à mettre sur la table pour les prochaines années : comment pouvons-nous mieux faire connaître ces outils ? comment pouvons-nous les rendre attractifs auprès de nos coopératives saines ? C’est selon moi l’un des enjeux auquel le Mouvement devra trouver des réponses très prochainement.