Idées reçues sur les Scop

C’est compliqué

Créer une Scop ne présente pas plus de complications qu’une entreprise traditionnelle. Rédiger des statuts, assurer les démarches avec les administrations, les financiers, démarcher les clients… Une Scop en création est confrontée aux mêmes difficultés que toute entreprise. Au quotidien, le management en Scop est par nature exigeant puisqu’il prend en compte plus qu’ailleurs la dimension humaine. Il est exigeant parce qu’il incite les salariés co-entrepreneurs à s’impliquer, à comprendre la vie de leur entreprise, sa gestion, son marché. Mais Scop ou pas Scop, la gestion d’une entreprise est toujours complexe ! Pour les aider, les porteurs de projet bénéficient de l’accompagnement du réseau des Scop, à la création et tout au long du développement de leur entreprise.

C’est pour sauver les entreprises en difficulté

Sur les quelques 200 Scop créées chaque année, moins de 5% sont issues de redémarrages d’entreprises en difficulté. La très large majorité des créations de Scop sont des nouvelles entreprises ou des entreprises transformées en Scop à la suite du départ à la retraite du dirigeant fondateur.

Les salariés sont tous patrons

Comme toutes les entreprises, les Scop ont une organisation et une direction. Seules les grandes décisions stratégiques sont prises avec l’ensemble des salariés associés lors des Assemblées générales. Au quotidien, la direction assume pleinement son rôle. La pédagogie du dirigeant, l’écoute et l’implication du personnel facilitent la prise de décision. Le mot synergie prend tout son sens.

La position du dirigeant est plus fragile

C’est le contraire : le dirigeant d’une Scop est d’autant plus légitime que ce sont les salariés qui l’ont choisi eux-mêmes. Les rapports sociaux en Scop sont par nature plus équilibrés entre salariés et dirigeants. Dans la pratique, rares sont les cas d’éviction prématurée d’un dirigeant. Au contraire, la durée moyenne d’exercice d’un dirigeant de Scop est d’une vingtaine d’années.

C’est financièrement peu motivant pour les dirigeants

Les dirigeants de Scop n’ont pas de bonus ou de stock-options, mais leur valeur est reconnue. Une Scop s’inscrit dans les politiques de rémunération du marché du travail comme toutes les entreprises. Privilégiant la valeur travail, les Scop reconnaissent par nature les qualifications et les compétences.

Le développement est limité par les capacités d’investissement

Au démarrage, les salariés co-entrepreneurs bénéficient de l’accompagnement du réseau des Scop pour construire le montage financier leur permettant d’apporter les fonds nécessaires. Dans la durée, la coopérative génère ses propres capacités d’investissement grâce à sa logique de répartition des résultats et à ses réserves impartageables qui restent le patrimoine de l’entreprise.

C’est adapté seulement à certains métiers

Il est possible d’entreprendre en Scop dans tous les métiers. Aujourd’hui, un tiers des emplois de Scop sont dans le BTP, un quart dans l’industrie et plus de 40% sont dans les services de toutes natures.

Ce sont des entreprises à but non lucratif

Les Scop sont des entreprises à part entière, présentes sur l’économie de marché et exposées pleinement à la concurrence. Elles sont confrontées à l’impératif de profitabilité. Mais ce qui les distingue est l’utilisation de leurs profits, tournés en priorité vers les salariés et la pérennité de l’entreprise sans oublier de rémunérer le capital.

Ca ne marche pas

En 10 ans, 1 750 Scop et près de 12 000 nouveaux emplois ont été créés par création ou reprise et 9 200 emplois par le développement de Scop existantes. Depuis 2007, 200 nouvelles Scop naissent chaque année, par création, reprise ou transmission d'entreprise. Ces créations et reprises génèrent 1 100 emplois par an en moyenne depuis 2007. Le taux de survie à 3 ans des entreprises créées en Scop s’élève à 82 % au dessus de la moyenne nationale (66 % source Insee) ; à 5 ans, le taux de survie est de 65 % contre 50 % pour l'ensemble des entreprises françaises.

Tous les salariés sont associés et il n’y a pas d’associés extérieurs

Dans une Scop, les salariés sont associés majoritaires à 51% au moins du capital et 65% des droits de vote. Toutefois, tous les salariés ne sont pas forcément associés de leur entreprise, même s’ils ont tous vocation à le devenir. Une Scop peut accueillir des associés extérieurs qui peuvent détenir jusqu'à 49% du capital et 35% des droits de vote. Au-delà de ces 49%, les associés extérieurs peuvent aussi investir en titres participatifs, qui ne leur donnent pas de droit de vote, mais leur attribuent une rémunération plus forte, composée d'une partie fixe et d'un complément variable d'autant plus élevé que les résultats de l'entreprise sont bons.